Par Aujourd’hui en France : Les Jeunes causent toujours

  Retrouvez un très bel article de Aujourd’hui en France » sur la conversation. Une belle mise en lumière du Festival. Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’article ci-dessous.   « LA CONVERSATION? Bah oui, on parle trop ! » s’exclame Majda, 14 ans, surprise que le thème soit justement au centre des conversations du festival du... View Article

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Retrouvez un très bel article de Aujourd’hui en France » sur la conversation. Une belle mise en lumière du Festival. Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’article ci-dessous.


 

« LA CONVERSATION? Bah oui, on parle trop ! » s’exclame Majda, 14 ans, surprise que le thème soit justement au centre des conversations du festival du même nom qui se tient jusqu’à demain soir (lire ci-dessous). Pour sa troisième édition, la série de séminaires et rencontres qui mettent l’art de se parler à l’honneur, a décidé de scruter les échanges des ados à l’heure numérique.

Smartphone accroché à la main, bras tendu pour saisir des selfies à tout bout de champ, ces jeunes n’ont pas le bagout de leurs aînés, pourraient juger des parents alarmés. Bien au contraire ! « Il faut qu’on arrête de les montrer du doigt, les jeunes ont de la conversation », insiste Guillaume Villemot, fondateur du festival, dont une partie des événements se déroule à la médiathèque Alexandre-Jardin, à Asnières (Hauts-de-Seine), ville où il est maire adjoint (UDI).

«On est des pipelettes ! » lance dans un rire franc Mélina, 13anset demi, à la sortie de son collège qui fait face à la médiathèque. C’est autour des tables de cet établissement qu’elle se réfugie « quand il fait chaud ou quand il fait froid » pour… parler ! Avec ses copines Vanessa et Majda, dans la même classe, de tout commenter, jusque dans les salles de cours. « J’ai beaucoup de bavardages sur mon bulletin », avoue Vanessa.

« L’adolescence est un âge où on parle beaucoup parce qu’on est en pleine recherche de soi et la meilleure façon de se trouver, c’est d’interagir », observe Serge Tisseron, psychiatre spécialiste des écrans*. Un comportement identique à celui des générations précédentes à ceci près qu’avec les smartphones les ados de 2015 ne se taisent jamais. « C’est la cour de récré permanente », remarque Serge Tisseron, qui recommande d’ailleurs aux parents d’aménager des moments sans écran.

Dès le matin, avant même de passer la porte de la maison, Vanessa, Mélina et Majda pianotent sur leurs portables pour savoir où se retrouver et faire le chemin vers le collège ensemble. Leurs journées sont émaillées de photos envoyées entre elles ou à des amies d’autres établissements. « Avec Snapchat, c’est bien, tu peux te voir une journée et devenir pote. Ça crée du lien », devise Mélina. Le soir, dans le salon familial, elles continuent de commenter en direct, via leurs groupes de conversations en ligne, les émissions de téléréalité. «Mais lui il sert à rien, il est dans le décor ! » ou « t’as vu comment elle fait trop sa reine », s’échangent les filles en instantané via une messagerie.

« Ils n’ont pas un usage raisonnable du temps passé sur les réseaux mais de la façon de les utiliser, relève Guillaume Villemot, ils ne parlent pas à des gens qu’ils ne connaissent pas. » Les trois copines d’Asnières, justement, boudent Facebook « pour pas raconter (leur) vie » et préfèrent Snapchat où messageset photos s’autodésagrègent dans la seconde.

Et de quoi parlent sans relâche ces ados ? « Ce qui nous intéresse ce sont les histoires, les disputes », confie Mélina. « Mais on parle archi pas des garçons, ils sont pas intéressants, ils ont zéro d’âge mental », tacle Vanessa. De fait, écrans ou pas, les sujets sont immuables:«Les ados tiennent les potins des adultes en pire. Les garçons potinent sur les filles et les filles se moquent des garçons », sourit Serge Tisseron.

 

 

 

 


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